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- 5114 - Félix ZIEM

 

"Le coup de canon"

 

Huile sur panneau d'acajou, signée en bas à gauche.
69 x 112 cm + cadre (soit 173 x 147 cm)

Historique:

En mai 1890, Ziem s'installe à Venise pour six mois; Les fêtes de Venise s'ouvrent et comme il est de coutume pour la ville lacustre le départ en est donné par un coup de canon tiré d'un bateau spécialement pavoisé pour l'occasion. En plus de notre peinture, l'artiste exécute un autre tableau sur le même sujet qui sera acquis par l'Etat à la vente Sanmarcelli et qui figure actuellement dans les collections du musée du Petit Palais (Paris).
La critique, auparavant réticente, encense Ziem et parle du peintre comme "celui qui sait délayer un rayon de soleil sur sa palette". Dans une monographie consacrée à "la technique de Ziem", Marseille, 1912, Servian décrira ainsi l'oeuvre : "Le coup de canon eut un succès retentissant. Avec lui éclata la renommée de Ziem; il en répercuta les échos dans toutes les parties du monde des arts. Le grand Canal voit se dresser le Campanil et les palais. L'atmosphère palpite sous le ciel pur ; l'eau est toute miroitante des reflets des ombres mouvantes des personnages qui se trouvent dans une gondole, non loin d'un navire emparé et empanaché de fumée du canon que l'on vient de tirer. Parmi les oppositions capricieuses de la lumière et des ombres éclate la joie de vivre et l'enivrante gaieté. Et c'est une joie pour les yeux des spectateurs qui semblent participer à l'allégresse générale."

Provenance:
Première vente Zygomolas du 7 mai 1901, sous le n° 35.
L'oeuvre est reproduite dans le catalogue raisonné de Ziem, par Pierre Miquel, page 191, n° 1334, et dans le catalogue raisonné de Ziem par Anne Burdin-Hellebrandt, tome 1, page 98, sous le n° 246.

Le sujet:

Dans les nombreux "Venise" peints par Ziem, il est à noter que seulement 16 sujets représentant le coup de canon sont à ce jour référencés. 6 d'entre eux appartiennent à des musées (2 au Petit Palais à Paris; 1 au Palais Fesch à Ajaccio; 1 au Musée Ziem de Martigues; 1 au Denver Museum de Denver; 1 au Metropolitan Art Museum de New York).

Les tableaux de Denver et de New-York étant les plus similaires au notre.

Seulement 4 de ces sujets ont étés peints sur panneau d'acajou, le notre étant le plus important. Ziem avait une prédilection pour les panneaux d'acajou. Le jeu des glacis et des "réserves" sur le bois permetant une couleur supplémentaire et une accentuation de la perspective.

A propos de l'artiste:

ZIEM: Félix François Georges PhiIibert. Né le 26 février 1821 à Beaune (Côte-d'Or). Mort le 10 novembre 1911 à Paris. Français.
Peintre d'histoire, sujets de genre, sujets typiques, portraits, paysages animés, architectures, paysages, marines, paysages d'eau, natures mortes, aquarelliste, dessinateur. Pré-impressionniste, orientaliste.
Fils d'un père croate, fixé en Côte-d'Or en 1814, et d'une mère bourguignonne. Il étudia à l'Ecole d'Architecture et des Beaux-Arts de Dijon, qu'a créée et que dirige le peintre Anatole Devosge, élève de David. Il obtient le deuxième prix de dessin et d'architecture en 1839. En 1841, au bout d'un long parcours à pied, il s'installe à Nice, où il commence à recevoir des commandes de la bourgeoisie de la ville. Dès 1842, il voyage en Italie, visite Rome avant de découvrir Venise qui sera sa deuxième patrie, et où, dès lors, il se rendra régulièrement, souvent plusieurs mois par an, de 1845 à 1892. Il travaillait à partir de son bateau, qui lui servait d'atelier en même temps que de domicile. Après un voyage en Grèce à Constantinople et en Russie dès 1844, il continue ses pérégrinations: 1850 Belgique et Hollande, 1852 Angleterre, 1854 Egypte. En 1855, Il descend le Danube en bateau, en 1856 visite la Turquie et la partie Est du bassin méditerranéen. En 1858, il est à Alger, en 1860 en Hollande, etc. Il fait de fréquents séjours à Barbizon, s'installe dans une roulotte de forain pour mieux peindre sur le motif et finit par acheter une maison à Charles Jacque. Il est alors l'ami de tous les paysagistes les plus célèbres du temps. Mais il se lassera de Barbizon et partagera son temps entre les quatre maisons qu'il possède, à Venise, Martigues, Nice, et à Paris, rue Lepic. Durant sa carrière, il a peint avec succès plusieurs milliers de toiles, ce qui lui permis d'aider de jeunes artistes malheureux et a fondé de nombreuses uvres de bienfaisance, entre autres un asile pour les aveugles.
Doué d'une activité peu commune, il a mené de pair cette vie de grand voyageur avec une participation à la vie parisienne, et au Salon où il expose régulièrement depuis 1849. Vers 1865, Durand-Ruel devient l'un de ses principaux marchands. De nombreuses récompenses et honneurs échurent à cet artiste: médailles de troisième classe en 1851, de première classe en 1852 et 1855; chevalier de la Légion d'honneur en 1857; officier en 1878; commandeur un 1908. A sa mort, il a légué à la Ville de Paris une partie de son atelier (études et dessins). C'est dans cette collection, conservée au Musée du Petit Palais, que tout comme pour Gustave Moreau dans son propre atelier,
autre grand joaillier de la peinture, l'on peut le mieux se rendre compte de la technique et du talent de Ziem.
Peintre complet, il brille autant dans les portraits, la nature morte, le tableau de fleurs, les scènes de genre, d'actualité et d'histoire. Toutefois, c'est le paysagiste que l'histoire a surtout retenu. Theophile Gautier a donné une jolie définition du talent de Ziem: "Chaque artiste a une patrie idéale souvent éloignée de son vrai pays... La patrie de Ziem est Venise. C'est là que sa peinture a son domicile légal. Avec une goutte d'eau où se dissout une parcelle de couleur, il bâtit en quelques coups de pinceau une maison au crépi vermeil. Mais ce qu'il exprime mieux encore, c'est l'eau verte de la lagune, brisée en mille écailles de lumière et reflétant le caprice du ciel à travers le sillage et les remous des gondoles qui dérangent les silhouettes répercutées des palais". Son oeuvre n'est pas seulement composée de tableaux bien connus des amateurs. Elle comprend aussi de nombreuses et talentueuses aquarelles. Dans ses dessins, et surtout ses carnets de voyage, il se montre à la fois homme de goût par le choix et la composition des sujets, précieux témoin de son temps pour le cadre et l'animation des lieux et rigoureux réaliste. Après Guardi et Canaletto, il impose une vision nouvelle de Venise qui réside essentiellement non dans les sites célèbres de la ville des Doges mais dans l'étude systématique de la lumière changeante au gré des heures et des saisons. Outre Venise et les paysages des régions de France où il s'est déplacé, il rapportait de ses voyages à travers l'Europe jusqu'en Russie, de Constantinople, du Bosphore, de très nombreux croquis dont il tirait des scènes orientales, caravanes se profilant sur l'horizon du désert, femmes drapées d'étoffes éclatantes sur les terrasses des villages, vues du Bosphore, coucher de soleil compris. Il avait d'ailleurs transformé l'aspect de son atelier de Martigues en bâtisse mauresque, coiffée d'une coupole et d'un minaret.
Jongkind né en 1819, Boudin en 1824, Manet en 1832, Ziem, né en 1821, a pris place parmi les précurseurs de l'impressionnisme, même si, sur le tard, il tempéra sa palette, même si, le succès aidant, sa virtuosité lui fit multiplier quelque peu su production de vues de Venise et de clichés Orientaux. (réf. Bénézit)

Musées:

Ajaccio, Amsterdam, Avignon, Berlin, Bordeaux, Chantilly, Digne, Dijon, Liège, Londres (Wallace collection), Martigues (musée Ziem), Montpellier, Montréal, Moscou, Mulhouse, Nantes, Nice, Paris (musée du Louvre, musée Carnavalet, musée du Petit-Palais, musée de la Marine), Reims, Rouen, Toulouse, Valenciennes.

Bibliographie:

- Bénézit, "Dictionnaire des peintres", Gründ, 1999.
- Encyclopédie des Arts, "Les Muses", tome XV, Grange-Batelière, Paris, 1969-1974.
- Pierre Miquel "Le paysage français au XIXe siècle, 1824-1874". La Martinelle, 1975.
- Biass-Fabiani et Fabre, "Félix Ziem", Actes Sud.
- Pierre Miquel, "Ziem 1821-1911, catalogue raisonné" La Martinelle, 1978.
- A. Calonne, "Félix Ziem: peintre voyageur", Valeurs de l'Art n°26, 1994.
- Anne Burdin-Hellebranth, "Ziem 1821-1911, catalogue raisonné de l'oeuvre", 1998.

 

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